Stéphane Vézina et le monde de la macrophotographie

Stéphane Vézina est un photographe passionné par la nature. Passionné aussi par la macrophotographie et le monde des insectes, qu’il nous permet de visiter de près et de voir d’un point de vue unique, surprenant et coloré.  Photo CDM vous présente quelques-unes de ses images et vous raconte son histoire.

Les reptiles

Pour Stéphane Vézina, tout a commencé par une fascination pour les reptiles. Ces animaux ont été les tout premiers dans l’évolution à sortir de l’eau pour vivre sur le terre ferme: les mieux connus sont les tortues, les crocodiles, les serpents et les lézards.
Il s’est donc mis à observer et répertorier des reptiles. L’observation des reptiles, ainsi que des amphibiens, est une science que l’on nomme herpétologie.

Salticidae: «Cette petite (4mm) araignée sauteuse de la famille des Salticidae s’est aventurée chez moi alors j’en ai profité pour faire une session photo « studio ». Pas facile de capter cette agile mais curieuse araignée… J’évalue le grossissement à environ 3x ou 4x pour cette image. Boîtier Canon 70D et lentille Venus 60mm f/2.8 entièrement manuelle avec des bagues allonges et flashs diffusés.»

Cette quête l’a aussi amené à observer, de plus en plus aussi, des insectes dans leur environnement naturel. Un chasseur de créatures était né….

Et la photo….

«J’ai commencé à développer cette passion alors que naissait la photo numérique, autour des années 2000, dit Stéphane Vézina. Je prenais plaisir à me promener dans la nature et trouver des spécimens de toutes sortes. Je n’ai pas tardé à être fasciné par tout ce que je voyais.»
«Il suffit de s’arrêter et de prendre un peu de temps et tu découvres un monde qui semble venir d’autres planètes. Moi, ce que j’aime surtout ce sont les prédateurs. D’abord parce que ce sont souvent des insectes impressionnants à voir et aussi parce qu’ils sont souvent très colorés.»

Acrididae: «J’ai toujours apprécié cette composition où un criquet s’était trouvé un endroit de premier choix pour passer la nuit… Une petite mouche s’est aussi installée tous près.»

«Je me suis d’abord acheté un appareil plutôt modeste, un bridge dont l’objectif avait des capacités de macrophotographie. Ça m’a permis de faire des belles photos, et de maîtriser de mieux en mieux ma technique. Éventuellement, je me suis acheté un appareil DSLR ainsi que des objectifs macro. C’est ce que j’utilise aujourd’hui.»

Chrysochus auratus: «Cette petite Chrysomèle de l’apocin a fait l’objet d’une publication dans l’édition été 2012 du magazine « Nature Sauvage ». Captée en fin de journée avec ma fidèle Sigma 150mm f/2.8 en lumière naturelle et sur trépied.»

«C’est quand même exigeant de photographier de si petits sujets parce que la profondeur de champ est minime. Il a fallu que j’apprenne toutes sortes de techniques propres à la macro, comme par exemple le focus stacking, qui combine plusieurs images pour étendre la zone qui est au foyer, mais ça vaut la peine quand on regarde les résultats et qu’on est fier de ce qu’on a capté.»

Enallagma civile: «Cette photo d’une Demoiselle (Enallagma civile) est composée de deux images « stackées » avec Photoshop pour obtenir une netteté sur tous le sujet.»

Des reconnaissances

La photo d’insectes, sans jeu de mots, est un petit monde, et Stéphane Vézina s’est gagné une solide réputation grâce à ses photos.
En 2015, il a gagné le grand prix 2015 au concours annuel de la revue Nature Sauvage, une revue où l’on voit régulièrement de ses images.  La photo gagnante est celle-ci, où l’on voit un charançon du genre hylobius.

Il a également vu une de ses photos, un papillon-lune, faire la page couverture du guide des papillons du Québec 2012.

Il faut aimer son sujet

«Il faut d’abord aimer son sujet» nous dit Stéphane Vézina quand on lui demande comment on en arrive à photographier autant de si petites créatures avec succès. «Il faut aussi regarder attentivement, être patient et tenace. C’est sur qu’il y a des endroits plus propices que d’autres, mais généralement, il y a des insectes partout. Je viens d’en faire une tantôt d’un insecte qui était dans mon panier de framboises. Il faut avoir l’oeil…»

 

Mantis religiosa: «Les mantes religieuses sont toujours de bons sujets photogéniques (quand on les trouve)… Elles se laissent manipuler facilement donc on peut les relocaliser et saisir la pose parfaite… ou presque.»

Megarhyssa atrata lineata: «Ce grand insecte fascinant est un de mes favoris! C’est une guêpe parasitoïde de la famille des ichneumons (Megarhyssa atrata lineata) en train de pondre dans un arbre malade pour parasiter un autre insecte (Tremex colomba) qui lui, est nuisible pour certains arbres. Notre Megarhyssa est donc un insecte utile sur notre planète! Au Québec nous avons trois espèces de Megarhyssa.»

Papillon Monarque:«Je me dois de rendre hommage à ce vénérable insecte qu’est le Monarque que j’ai capté au serres du jardin botanique dans le cadre de l’événement « Papillons en liberté ». Malheureusement, cette espèce est dans une situation précaire en Amérique du Nord. Il y a quelques années à peine, j’en voyais des dizaines chaque été alors que cette saison j’en ai vu que trois. plusieurs facteurs contribueraient à leur déclin.»

Vous pouvez découvrir plus de photos de Stéphane Vézina en vous arrêtant sur sa page Flickr, où ses photos d’insectes côtoient d’autres images, toujours inspirées de la nature. «C’est ce que j’aime,» dira-t-il, «presque toutes les photos que je fais montrent des animaux, des paysages, et des ciels étoilés.»

 

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